Souveraineté, mais pour qui ?

Ah, la souveraineté.

Ce concept qui permet, dans certains cas, à un État de dire aux autres : « Occupez-vous de vos affaires. » Et nous, de notre « sorte d’humanité », comme si nous venions de planètes différentes

Très bien.

Mais une petite question demeure : que vaut cette souveraineté quand une partie de la population devient elle-même une affaire d’État, jusque dans l’espace même de son intimité, et plus grave encore, dans le fait même de son existence ?

Cela nous rappelle bien des régimes occidentaux, secrètement admirés aujourd’hui par ces hommes convaincus d’une pureté et d’une supériorité qui leur seraient propres, que l’on se gardera bien de nommer. On demandera plutôt à Papa Legba de bien vouloir les laisser là où ils sont.

En septembre, sur France 24, le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, défendait le choix du Sénégal de durcir sa législation contre l’homosexualité. Le Sénégal fait ses choix. Les autres pays font les leurs.

Sauf que les personnes LGBTQI+ sénégalaises, elles, sont déjà chez elles.

Alors, souveraineté ?

Bien sûr.

Mais souveraineté sur quoi ?

Sur une minorité ?

Ou aussi sur la vie de ceux qu’on aimerait voir disparaître du paysage, par simple idéologie, sur fond de culture que l’on aime bien pervertir ?

L’Occident part, la culture reste !

On aime bien !

Qui est souverain ?

La majorité ?

Et les minorités ?

Et ceux dont la religion, la sexualité, le corps, les convictions ou simplement l’existence ne ressemblent pas à celles de la majorité ?

On pourrait presque en rire si ce n’était pas aussi sérieux.

Rédaction:


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