Ce que fait la loi, et ce qu’elle ne fait pas

Vies LGBT+ et illusions de progrès dans les pays afro-caribéens

La loi a parlé. On applaudit. Mais entre les lignes du code, nos corps continuent à trembler.
Dépénaliser l’amour ? Oui. Mais dépolluer les regards ? Pas encore. Ce texte, c’est pour rappeler que la loi n’écrit pas toujours la vérité des vies.

Ce que fait la loi : elle retire le fouet, elle allège la peur

Quand une loi homophobe tombe, comme en Dominique en février 2024, c’est une victoire.
Pas symbolique. Réelle.

  • On ne va plus en prison pour qui on aime.
  • On respire un peu plus fort, même si c’est en silence.
  • Les ONG osent plus, les jeunes posent des mots sur ce qu’ils vivent.

La loi ouvre une porte. Elle dit : “Tu existes. Et je ne te punirai plus pour ça.”Mais ce que la loi ne fait pas : elle ne guérit ni les blessures ni les silences

La loi ne répare pas les familles brisées.
Elle ne fait pas revenir les ami·e·s qu’on a perdu·e·s.
Elle ne supprime pas l’homophobie du voisin, du pasteur, du médecin.

Décriminaliser ne veut pas dire protéger.
Ni accompagner, ni comprendre, ni aimer.

La loi ne change pas les mentalités. Elle change juste les peines.

La loi ne parle pas des insultes. Elle ne voit pas les regards.

Il n’y a pas d’article pour les ricanements dans les rues.
Il n’y a pas de décret contre les silences dans les familles.
Il n’y a pas de budget pour les nuits passées à fuir chez un·e ami·e.

Et pourtant, c’est là que ça se passe.
La vraie vie queer, c’est pas dans les tribunaux. C’est dans les interstices. Dans les marges.

Et nous, on fait quoi ? On continue. Ensemble.

On ne demande pas à la loi de tout faire.
Mais on lui demande de ne pas s’arrêter là.
Et on demande aux sociétés de suivre.

  • Que les écoles enseignent l’inclusion.
  • Que les services publics écoutent les personnes trans.
  • Que les médias cessent de nous invisibiliser sauf en juin.
  • Que la justice soit aussi sociale, culturelle, économique.

Entre ce que la loi dit et ce que la vie crie

Nous voulons plus que des lois.
Nous voulons des vies pleines, des amours libres, des corps visibles.
Nous voulons que nos voix ne soient plus des murmures.
Nous voulons que les droits deviennent du quotidien.


La loi change. Nous aussi. Mais il faudra bien plus qu’un décret pour effacer les stigmates. On reste debout. Pour elles. Pour eux. Pour nous.

Rédaction:


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